La Pauvrophobie

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Qu’est-ce que la pauvrophobie ?

La pauvrophobie désigne l’ensemble des préjugés, attitudes hostiles et pratiques discriminatoires visant les personnes pauvres ou perçues comme telles (allocataires de minima sociaux, personnes sans domicile, travailleurs précaires, etc.).

En droit français, cette réalité correspond au critère légal de « particulière vulnérabilité résultant de la situation économique, apparente ou connue », ajouté en 2016 parmi les motifs de discrimination interdits (Code pénal, art. 225‑1, et Code du travail, L1132‑1). Autrement dit : discriminer quelqu’un parce qu’il/elle est en situation de pauvreté ou de précarité est illégal.

  • Santé : stress chronique, anxiété, dépression, renoncement aux soins (coûts, stigmatisation, distance). Les inégalités sociales de santé sont marquées en France, régulièrement pointées par les autorités indépendantes. 

 

  • Vie sociale : isolement, honte, autocensure dans les démarches (emploi, démarches administratives), non‑recours aux droits accentué par la dématérialisation. 

 

  • Sécurité / conditions de vie : exposition au mal‑logement (refus, critères excluants), à la rue, à des humiliations et contrôles intrusifs (discriminations dans l’accès aux biens et services).

  • En 2024, au Défenseur des droits, la vulnérabilité économique représente 2 % des réclamations pour discrimination (tous critères confondus).

    Où surviennent ces discriminations ? Emploi privé 19 %, biens & services privés 20 %, logement 17 % (répartition spécifique à ce critère). 

 

  • Contexte social : en 2023, 9,8 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté monétaire en France (15,4 %), ce qui nourrit le risque de stigmatisation et d’exclusion.

  • 2016 : adoption de la loi n° 2016‑832 qui fait entrer la précarité économique dans la liste des motifs de discrimination interdits (pénal et travail). 

 

  • Depuis 2013 : la CNCDH et d’autres institutions alertent sur les discriminations fondées sur la précarité sociale et sur le non‑recours aux droits. 

 

  • 2024‑2027 : déploiement du Pacte des solidarités (plan national de lutte contre la pauvreté), avec des mesures sur l’accès aux droits, l’alimentation, l’hébergement d’urgence, l’insertion.

  • Le droit : la discrimination à raison de la précarité économique est prohibée (pénal, travail). Les contentieux peuvent viser un refus d’embauche, de service, de location, des humiliations liées à la situation financière, etc. (référentiel juridique du Défenseur des droits). 

 

  • Domiciliation (adresse administrative) : indispensable pour ouvrir des droits (santé, prestations, papiers). Procédure prévue au CASF L264‑1 et suivants, via CCAS/CIAS ou organismes agréés. 

 

  • S’orienter vers de l’aide de proximité : Soliguide recense les lieux d’aide (alimentation, hygiène, santé, accompagnement social) partout en France.

  • France : la pauvrophobie est couverte expressément depuis 2016 par le motif « vulnérabilité économique ». 

 

  • Union européenne : la Charte des droits fondamentaux (art. 21) interdit la discrimination fondée notamment sur les origines sociales et la fortune ; la CEDH (art. 14) protège contre la discrimination, y compris selon l’origine sociale ou la propriété.
     

  • Exemple comparatif : au Québec, la “condition sociale” est un motif interdit de discrimination depuis longtemps (Charte québécoise, art. 10).

  • ATD Quart Monde – combat central : changer le regard, déconstruire les idées fausses sur la pauvreté, plaidoyer contre la maltraitance institutionnelle. 

  • Secours Catholique – Caritas France – aide et plaidoyer : rapports annuels sur l’état de la pauvreté, alertes sur le non‑recours et la dématérialisation. 

  • Secours populaire français – aide alimentaire et actions de solidarité au quotidien. 

  • Emmaüs (Emmaüs France / Emmaüs Solidarité / Emmaüs Connect) – accueil, insertion, lutte contre l’exclusion et l’exclusion numérique. 

  • Fondation Abbé Pierre – veille et plaidoyer sur le mal‑logement et les discriminations à l’accès au logement. 

  • Fédération des acteurs de la solidarité (FAS) – réseau d’associations, plaidoyer national (ex.: positionnements sur le Pacte des solidarités). 

  • La Cloche – lutte contre l’exclusion de rue et sensibilisation grand public (changer les pratiques dans les quartiers, commerces solidaires). 

  • Recours/Plainte : Plateforme antidiscriminations.fr (3928) – juristes du Défenseur des droits (écoute, conseils, recours). France Victimes (116 006) – soutien juridique/psychologique aux victimes d’infractions.

Ne laissez pas la discrimination passer : parlez‑en, signalez‑la et soutenez les associations qui agissent près de chez vous.