En droit français, c’est toute différence de traitement (embauche, licenciement, accès à un service, logement, etc.) parce que la personne est (ou est supposée) malade, a été malade, est porteuse d’une pathologie (ex. VIH, cancer, hépatites, Covid long…), ou perçue comme telle. Ce motif est expressément protégé par le Code pénal (art. 225‑1) et par le Code du travail (art. L1132‑1). Les actes visés (refus d’embauche, licenciement, refus d’un service, etc.) sont pénalement sanctionnés (jusqu’à 3 ans d’emprisonnement et 45 000 € d’amende).
⚖️ Exceptions prévues par la loi (strictement encadrées)
Assurance/prévoyance : des différences de traitement sont possibles quand elles servent à couvrir un risque (décès, incapacité, invalidité), mais pas sur la base de tests génétiques prédictifs ni du don d’organe.
Emploi : un refus d’embauche ou un licenciement peut être légal uniquement en cas d’inaptitude médicalement constatée par la médecine du travail, après recherche d’un reclassement.
🔒 Vie privée & données de santé
Par principe, les données de santé sont des données « sensibles » dont le traitement est interdit (sauf cas limités du RGPD). L’employeur ne peut pas connaître votre diagnostic ; la médecine du travail est tenue au secret médical et ne transmet qu’une aptitude/inaptitude ou des préconisations d’aménagement.
Les discriminations dégradent la santé mentale et la vie pro : 71 % des victimes déclarent une dégradation de leur santé mentale (tristesse, fatigue, dépression) ; 22 % ont démissionné/négocié leur départ et 16 % ont été licenciées ou non renouvelées.
Pour certaines pathologies (ex. VIH), la stigmatisation perturbe l’accès au travail, aux soins, aux assurances et à la vie familiale, avec des effets d’isolement et d’autocensure.
D’après le Rapport annuel d’activité 2024 du Défenseur des droits :
9 % des réclamations pour discriminations portent sur l’état de santé (contre 22 % « handicap », 15 % « origine »).
Pour l’état de santé, 74 % des dossiers concernent l’emploi (35 % emploi privé, 39 % emploi public). Viennent ensuite le logement (9 %), les services publics (6 %), l’accès aux biens & services (5 %), l’éducation (4 %), autres (2 %).
Capture officielle (répartition 2024)
À noter : en 2024, les réclamations en matière de discrimination reçues par l’institution ont baissé de 15 %, signe d’un non‑recours persistant (les victimes ne signalent pas toujours).
2008 – Loi n° 2008‑496 : définition & régime de preuve aménagé — la victime apporte des éléments laissant présumer la discrimination, à l’employeur de prouver des raisons objectives.
2021‑2023 – Consolidation des règles inaptitude/reclassement, y compris la possibilité de mobiliser le télétravail comme aménagement.
2016‑2022 – Assurance emprunteur : droit à l’oubli renforcé et supprimé à 5 ans après fin de protocole (cancers, hépatite C), questionnaire médical supprimé dans plusieurs cas.
Plateforme 3928 (2021‑) – guichet national antidiscriminations.fr opéré par le Défenseur des droits.
Ce qui est interdit : interroger un candidat/salarié sur sa maladie, exiger des examens médicaux non prévus (hors médecine du travail), refuser un service ou un logement en raison d’une pathologie.
Ce qui peut être légal (cas exceptionnels) : tarification/conditions en assurance « risque décès/invalidité » (hors tests génétiques prédictifs) ; fin de contrat pour inaptitude après avis médical et reclassement loyalement recherché.
Données de santé = données sensibles : traitement en principe interdit (RGPD art. 9) ; limites strictes en entreprise, confidentialité du motif d’arrêt maladie.
Preuves : mails/SMS, fiches de postes, comparaisons de carrière, avis de la médecine du travail, éléments chiffrés… (la charge de la preuve est aménagée).
France : l’état de santé est explicitement un motif protégé pénalement et en droit du travail.
Union européenne : la directive « Égalité en emploi » protège 4 motifs (religion/croyances, handicap, âge, orientation sexuelle) — pas l’« état de santé » en tant que tel ; l’UE protège aussi les données de santé via le RGPD. La France va donc plus loin en nommant l’état de santé parmi les motifs interdits.
Accès au crédit/assurance : la loi Lemoine (2022) fait de la France un cadre avancé sur le droit à l’oubli (5 ans après fin de protocole, sans rechute).
Défenseur des droits – 3928 / antidiscriminations.fr : écoute, qualification juridique, médiation, accompagnement vers recours. Accès sourds/malentendants.
France Assos Santé – Santé Info Droits (01 53 62 40 30) : ligne d’info juridique & sociale santé (horaires indiqués sur le site).
Ligue contre le cancer : informations, appui juridique et coaching retour à l’emploi (selon comités).
AIDES / lutte contre la sérophobie : plaidoyer, accompagnement, avancées AERAS pour les personnes vivant avec le VIH.
Sida Info Service (0 800 840 800) : écoute anonyme et gratuite 7j/7, orientation.
Ne laissez pas la discrimination passer : parlez‑en, signalez‑la et soutenez les associations qui agissent près de chez vous.
+33 (0)9 74 74 87 65
hello@toussansfrontieres.org
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