Hostilité, préjugés, stéréotypes et discriminations visant des personnes musulmanes ou perçues comme telles (dans l’emploi, le logement, l’accès aux services, à l’école, en ligne), ainsi que les violences contre les personnes et les lieux de culte (mosquées, carrés musulmans). L’ECRI (Conseil de l’Europe) parle de « racisme et discrimination envers les musulmans » et en détaille les formes (discours de haine, crimes haineux, obstacles aux lieux de culte, profilage, etc.).
En droit français, ces actes tombent sous les infractions de provocation à la haine, injure ou diffamation à raison de la religion (loi de 1881), et la discrimination fondée sur la religion est interdite dans l’emploi, le logement, les biens et services (Code pénal art. 225‑1 et s.).
Santé : le harcèlement et les refus répétés génèrent stress, anxiété et renoncement (aux soins, à l’emploi). À l’échelle de l’UE, près d’1 musulman·e sur 2 (47 %) déclare avoir subi une discrimination (5 dernières années) ; 27 % rapportent un harcèlement raciste ; parmi celles qui portent un vêtement religieux, la discrimination à l’embauche grimpe à 45 %, et jusqu’à 58 % chez les 16‑24 ans.
Vie sociale : 35 % disent avoir été empêché·es d’acheter/louer un logement à cause de la discrimination, renforçant isolement et instabilité résidentielle.
Sécurité : près de la moitié (49 %) des personnes contrôlées par la police estiment que leur dernier contrôle relevait de profilage discriminatoire ; actes contre mosquées et cimetières nourrissent un sentiment d’insécurité durable.
Actes antimusulmans : 173 actes recensés en 2024 (‑29 % vs 2023), bilan DNRT (Ministère de l’Intérieur) présenté à l’Assemblée nationale — avec des limites d’imputabilité et de sous‑déclaration clairement signalées.
Panorama global : plus de 16 000 infractions à caractère raciste, xénophobe ou antireligieux ont été enregistrées par police/gendarmerie en 2024 (9 400 crimes & délits, 7 000 contraventions). La majorité porte sur injures/provocations/diffamations. Moins de 3 % des victimes accomplissent une démarche officielle — gros angle mort statistique.
Contexte UE : les niveaux d’exposition restent élevés (voir §2) ; données 2021‑2022 publiées en 2024 par la FRA.
1972 – Loi “Pleven” : incrimine la provocation à la discrimination/haine/violence et l’injure/diffamation fondées sur la religion (intégrées à la loi de 1881).
2000 – Directive UE 2000/78 : interdit la discrimination fondée sur la religion dans l’emploi (recrutement, carrière, conditions de travail).
2012‑… – DILCRAH : délégation interministérielle qui pilote les politiques publiques contre racisme et discriminations. Plan national 2023‑2026 : mesurer, éduquer, sanctionner, mieux accompagner les victimes.
Cadres européens OSCE/ECRI : standards & recommandations spécifiques sur le racisme antimusulman et les crimes de haine.
Ce qui est illégal en France
Discrimination (refus d’embauche, de service, d’accès à un logement… pour motif religieux) : délit (jusqu’à 3 ans d’emprisonnement et 45 000 € d’amende).
Injure/diffamation à caractère raciste ou discriminatoire : délai de prescription 1 an (vs 3 mois en droit de la presse pour les cas ordinaires).
Au travail et dans le service public
Fonction publique : obligation stricte de neutralité des agents (pas de signes religieux dans l’exercice des fonctions).
Secteur privé : une restriction de signes religieux n’est possible qu’à conditions strictes (règle interne générale et nécessaire au fonctionnement de l’entreprise, proportionnée), selon la jurisprudence de la CJUE.
Comparaisons UE : la FRA relève 47 % de discriminations déclarées par des personnes musulmanes (moyenne des 13 pays sondés). Certains pays affichent des taux plus élevés (p. ex. Autriche 71 %, Allemagne 68 %, Finlande 63 %). La France fait partie de l’échantillon.
Données internationales OSCE : la France transmet des statistiques officielles ; en 2023, 6 211 crimes de haine enregistrés par la police (toutes motivations confondues), avec suivi des biais « racistes/xénophobes » incluant l’anti‑musulman.
ADDAM — Association de Défense contre les Discriminations et les Actes AntiMusulmans (créée dans le cadre du FORIF) : accompagnement des victimes, prévention.
ADM — Action Droits des Musulmans : soutien juridique et pratique aux personnes musulmanes victimes de discriminations.
CCIE — Collectif contre l’Islamophobie en Europe (basé en Belgique, intervient/coordonne au niveau européen) : signalement d’actes via la plateforme Equitas, conseils juridiques.
Lallab : association féministe antiraciste qui défend les droits et la parole des femmes musulmanes (interventions, plaidoyer, ressources).
Ne laissez pas la discrimination passer : parlez‑en, signalez‑la et soutenez les associations qui agissent près de chez vous.
+33 (0)9 74 74 87 65
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