La Xénophobie

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Qu’est-ce que la xénophobie ?

La xénophobie, c’est l’hostilité — peur, rejet, haine — dirigée contre les personnes perçues comme « étrangères ». En droit français, elle s’inscrit dans l’interdiction des discriminations fondées sur l’origine ou l’appartenance (vraie ou supposée) à une nation, aux côtés des motifs « ethnie / prétendue race / religion ». C’est explicitement prohibé par l’article 225‑1 du Code pénal.

  • Santé mentale et physique. Les réfugiés et migrants présentent, en moyenne, davantage de dépression, d’anxiété, de PTSD et même un risque accru de psychoses, en lien avec les discriminations, l’isolement et l’accès difficile aux soins. 

     

  • Renoncement aux soins. La « xénophobie médicale » (peur d’être maltraité·e, contrôlé·e ou expulsé·e) fait éviter les services de santé et détériore les issues maternelles et somatiques. 

     

  • Impact chez les enfants et ados. Les expériences répétées de discrimination laissent des traces : stress chronique, anxiété, troubles du sommeil, effets mesurables sur la santé. 

     

  • Vie sociale et sécurité. En France, la sous‑déclaration est massive : 1,2 million de personnes disent subir chaque année au moins une atteinte à caractère raciste/xénophobe/antireligieux, 97 % ne portent pas plainte — ce qui accentue l’isolement et le non‑recours.

  • Infractions enregistrées par la police/gendarmerie (SSMSI). 9 700 crimes et délits à caractère raciste, xénophobe ou antireligieux en 2024 (+32 % vs 2023). Environ 5 000 personnes mises en cause. Ces données ne distinguent pas finement « xénophobie » des autres motifs.

  • Qui sont les victimes ? Les étrangers sont surreprésentés : 16 % des victimes recensées sont de nationalité étrangère (vs 8 % dans la population). Les étrangers venant d’un pays d’Afrique représentent 11 % des victimes (vs 4 % dans la population).

  • Haine en ligne (PHAROS). 36 048 signalements pour provocation à la haine / injures / diffamations xénophobes en 2024 (+55 % sur un an). 

  • Cadre international. La Convention de l’ONU de 1965 (CERD) engage les États à éliminer la discrimination raciale, qui inclut les discriminations « fondées sur l’origine nationale ». 

     

  • Union européenne. La Décision‑cadre 2008/913/JAI impose la pénalisation des formes graves de racisme et de xénophobie (incitation à la haine, etc.).

  • France (jalons).

    • Loi Pleven (1972) : réprime la provocation à la discrimination/haine raciale.

    • Loi Gayssot (1990) : renforce l’arsenal, notamment contre le négationnisme.

    • Plan national 2023‑2026 (PRADO) piloté par la DILCRAH : prévention, éducation, soutien aux victimes, lutte contre la haine en ligne.

  • Racisme vs xénophobie : le racisme vise des groupes assignés à une « race/ethnicité » ; la xénophobie cible l’étrangeté (nationalité, origine étrangère). En pratique, les deux se chevauchent souvent et se renforcent. 

     

  • Ce que dit la loi (discrimination) : l’origine et l’appartenance à une nation sont des critères prohibés au pénal (art. 225‑1 s.). Pour l’emploi, le ministère du Travail rappelle les voies de recours.
     

  • Éducation & prévention. L’Éducation nationale et la DILCRAH outillent établissements et associations pour prévenir racisme/xénophobie, en classe et en ligne. 

     

  • Comparabilité des chiffres. Les méthodes de comptage et le non‑recours varient selon les pays ; l’OSCE souligne ces limites quand on compare les « hate crimes ».

La France dispose d’un dispositif statistique (SSMSI) et d’une politique publique dédiée (DILCRAH/PRADO), et s’inscrit dans les standards européens (2008/913/JAI). Mais, comme ailleurs en Europe, la hausse des signalements et la sous‑déclaration coexistent ; l’OSCE rappelle que les données restent hétérogènes entre États. 

 

Côté opinion, la CNCDH note en 2024 une persistance de préjugés anti‑immigrés (ex. 60 % pensent que « de nombreux immigrés viennent pour profiter de la protection sociale »), malgré une tendance longue à la hausse de la tolérance.

  • La Cimade – Défense des droits des personnes étrangères, lutte contre la xénophobie et le racisme, permanences et accompagnement. 

  • GISTI – Appui juridique aux étrangers, formations, plaidoyer (permanences, guides droits des étrangers). 

  • France terre d’asile – Accueil et accompagnement (CADA, mineurs isolés, information asile), soutien administratif et social. 

  • LDH (Ligue des droits de l’Homme) – Aide et contentieux contre discriminations racistes/xénophobes. 

  • MRAP – Permanences juridiques, accompagnement de victimes de racisme/xénophobie. 

  • SOS Racisme – Orientation juridique, actions de terrain, interventions éducatives. 

  • LICRA – Signalement en ligne, assistance juridique aux victimes (discrimination, injure, provocation à la haine, etc.). 

  • Utopia 56, BAAM, Dom’Asile, Anafé, JRS France, Secours Catholique… réseaux d’accueil, de mise à l’abri, d’accès aux droits et d’accompagnement.

-> Ne laissez pas la xénophobie passer : parlez‑en, signalez‑la et soutenez les associations qui agissent près de chez vous.