L'homophobie

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Qu’est-ce que l’homophobie ?

L’homophobie désigne tout mépris, rejet ou haine envers une personne (ou un groupe) en raison de son orientation sexuelle réelle ou supposée (lesbienne, gay, bi). Dans le langage des politiques publiques, on parle souvent de LGBTphobies (homophobie, lesbophobie, biphobie, transphobie, intersexophobie). En France, la loi réprime les injures, diffamations, violences et discriminations lorsqu’elles sont motivées par l’orientation sexuelle ou l’identité de genre.

  • Santé mentale. En Europe, 37 % des personnes LGBTIQ ont sérieusement envisagé le suicide au cours des 12 derniers mois (54 % chez les jeunes trans/nb, 50 % chez les jeunes intersexes). Les pensées dépressives et l’anxiété restent très au‑dessus de la moyenne, en lien direct avec l’exposition aux discriminations.

  • Sécurité. 1 personne LGBTIQ sur 7 dit avoir subi une agression physique ou sexuelle en 5 ans, et plus d’une sur deux (55 %) a subi du harcèlement (insultes, menaces…). Beaucoup n’alertent pas (peur, honte, manque de confiance).

  • Vie sociale et pro. Les LGBTphobies provoquent isolement, décrochages scolaires, pertes d’emploi, difficultés à se loger et à accéder aux soins ; ce sont des déterminants sociaux de santé reconnus par les organismes publics.

Source principale : SSMSI (Ministère de l’Intérieur), “Info rapide n° 53”, 15 mai 2025 — données 2024.

 

  • 4 800 infractions anti‑LGBT+ ont été enregistrées par la police et la gendarmerie en 2024 (+5 % sur un an).

    63 % sont des crimes/délits (+7 %), 37 % des contraventions (+1 %). 

     

  • Sous‑déclaration massive : selon l’enquête “Vécu et ressenti en matière de sécurité”, ≈ 4 % seulement des victimes portent plainte. 

     

  • Profils enregistrés (dépôts d’infractions) : victimes surtout hommes ( > 70 %), près de la moitié ont moins de 30 ans ; mis en cause majoritairement hommes (83 %, souvent < 30 ans). 

     

  • Données associatives (tendances sociales) : SOS homophobie a reçu 1 624 témoignages pour l’année 2024 (catégories dominantes : insultes, harcèlement, agressions). NB : il s’agit de signalements reçus par l’association, pas d’un recensement exhaustif.

Monde

  • 1969 – Stonewall (New York) : tournant majeur des mouvements de libération LGBT+. 

  • 1990 – 17 mai : l’OMS retire l’homosexualité de la classification des maladies (d’où la date de la Journée mondiale IDAHOT). 

  • 2007 – Principes de Yogyakarta : repères juridiques internationaux sur l’application du droit des droits humains à l’orientation sexuelle et l’identité de genre. 

     

France — repères clés

  • 1982 – 4 août : dépénalisation complète (alignement de l’âge de consentement). 

  • 1999 – PACS (reconnaissance des couples de même sexe). 

  • 2013 – Mariage pour tous (mariage & adoption ouverts aux couples de même sexe). 

  • 2016 – Changement d’état civil sans exigence de chirurgie/sterilisation (loi “Justice du XXIᵉ siècle”). 

  • 2021 – Bioéthique : PMA pour toutes (couples lesbiens & femmes célibataires). 

  • 2022 – Interdiction des “thérapies de conversion” (nouvelle infraction pénale).

  • Mots à connaître. “Homophobie” (contre lesbiennes/gays), “lesbophobie”, “biphobie”. “LGBTphobie” = terme‑parapluie (inclut trans/intersexes). Guide utile côté travail (définitions, exemples, leviers RH) : DGAFP. 

  • Droits & délais. Les injures/diffamations homophobes (publiques) se prescrivent en 1 an (loi de 1881). Les violences : généralement 6 ans (délit) ; plus pour les crimes. 

  • En ligne. Conserver les preuves (captures horodatées, URL), signaler à PHAROS les contenus illicites ; demander le retrait aux plateformes. 

  • Plan national 2023‑2026. La France déploie un plan interministériel (mesurer, prévenir, sanctionner, garantir l’accès aux droits, action UE/International). 

     

Kit d’urgence (France)

  • Danger immédiat : Police‑Secours 17 ou 112 ; si parler est impossible/surdimalentendant : 114 (SMS/visio/tchat). 

  • Aide aux victimes : 116 006 (7j/7) — écoute, orientation juridique/psychologique. 

  • Discriminations : 3928 (Défenseur des droits) ou tchat antidiscriminations.fr.

  • Droits & politiques publiques (Europe). Sur la Rainbow Map 2024 (ILGA‑Europe), la France affiche 62 % (dans la moyenne haute de l’UE, derrière Malte/Belgique/Islande). C’est un score légal/politique, pas un indicateur d’acceptation sociale. 

     

  • Victimations (UE). Les taux d’agressions (≈ 14 % en 5 ans), de harcèlement (≈ 55 %) et la suicidalité élevée montrent que l’égalité juridique ne suffit pas à effacer les risques.

    • SOS homophobie — Écoute, accompagnement, plaidoyer, Observatoire annuel ; ligne d’écoute & tchat. 

    • Fondation Le Refuge — Hébergement & soutien psychologique pour jeunes LGBT+ en rupture familiale (orientation nationale).

    • Inter‑LGBT — Fédération d’assos, plaidoyer national, organisation de Marches des Fiertés.

    • Fédération LGBTI+ / Centres LGBT+ — Accueil local, entraide, santé sexuelle, juristes/psys selon les centres. Annuaire via la DILCRAH. 

    • Contact — Médiation familles‑jeunes (groupes de parole, sensibilisation).

    • MAG Jeunes LGBT+ — Prévention, accueil jeunes, éducation à la vie affective et sexuelle.

    • Acceptess‑T, OUTrans — Accompagnement des personnes trans (santé, droits, emploi).

    • FLAG! (policiers & gendarmes LGBT+) — Sensibilisation et application de signalement anonyme des LGBTphobies ; utile pour cartographier/qualifier les actes. 

    • Stop Homophobie — Aide juridique, veille et sensibilisation.

    Trouver une structure près de chez vous : consultez l’annuaire des associations sur le site de la DILCRAH (moteur national).

-> Ne laissez pas l’homophobie passer : parlez‑en, signalez‑la et soutenez les associations qui agissent près de chez vous.