La transphobie désigne l’hostilité, le rejet, la stigmatisation, le harcèlement ou les violences envers des personnes en raison de leur identité de genre (le genre qu’elles ressentent pour elles‑mêmes) ou de leur expression de genre (façon de se présenter, pronoms, vêtements…), qu’elles soient trans, non binaires, ou en questionnement. En droit français, l’« identité de genre » est un motif protégé : discriminer quelqu’un pour ce motif est un délit (Code pénal, art. 225‑1).
Santé mentale. Dans l’enquête LGBTIQ 2024 de l’Agence des droits fondamentaux de l’UE, 59 % des femmes trans et 60 % des hommes trans déclarent avoir sérieusement envisagé le suicide au cours des 12 derniers mois (55 % chez les personnes non binaires). Ces niveaux sont bien au‑dessus de la moyenne LGBTIQ (37 %).
Sécurité. Les agressions, menaces et injures restent fréquentes ; une part importante a lieu dans l’espace public (voir chiffres 2024 ci‑dessous). Le taux de plainte reste très faible (~4 %), ce qui invisibilise encore la réalité vécue.
Vie sociale & pro. La peur d’être rejeté·e, le misgendering (emploi volontaire de mauvais pronoms) et le deadnaming (usage de l’ancien prénom) entraînent isolement, absentéisme, décrochage scolaire, difficultés d’accès à l’emploi et au logement. En milieu de travail, la FRA note des niveaux élevés de discrimination touchant particulièrement les personnes trans.
4 800 infractions anti‑LGBT+ enregistrées par la police et la gendarmerie (France entière). 63 % sont des crimes ou délits, 37 % des contraventions. Seules ~4 % des victimes déclarent avoir porté plainte (moyenne 2021‑2022).
Où ça se passe ? 27 % des crimes/délits anti‑LGBT+ sont commis dans l’espace public ; 22 % en milieu résidentiel ; 5 % dans un établissement scolaire. 72 % des victimes enregistrées sont des hommes et ~48 % ont moins de 30 ans.
Zoom transphobie (déclaratif associatif). SOS homophobie a recensé 371 cas spécifiques de transphobie rapportés à l’association sur l’année couverte par le « Rapport sur les LGBTIphobies 2025 » (cas 2024).
À retenir : ces chiffres ne captent qu’une partie des faits (non‑recours au dépôt de plainte, sous‑déclaration), avec une exposition particulièrement élevée des personnes trans.
2010 – Dépsychiatrisation en France (ALD). La France retire la transidentité de la liste des affections psychiatriques de longue durée (décret n° 2010‑125).
2016 – Procédure de changement d’état civil allégée. Depuis la loi « Justice du XXIᵉ siècle », le changement de la mention du sexe à l’état civil est judiciaire, sans exigence de stérilisation ni d’opération ; la procédure est gratuite et l’assistance d’avocat est facultative.
2016 – Le droit consacre « l’identité de genre ». Le Code pénal protège explicitement l’« identité de genre » comme critère de discrimination.
2022 – Interdiction des « thérapies de conversion ». Nouveau délit couvrant aussi les pratiques visant l’identité de genre (art. 225‑4‑13).
2022 (OMS/ICD‑11) – Sortie des troubles mentaux. L’OMS retire l’incongruence de genre des troubles mentaux et l’inscrit dans la santé sexuelle (ICD‑11, effectif 1ᵉʳ janv. 2022).
2023‑2026 – Plan national anti‑LGBT+. Dispositif interministériel piloté par la DILCRAH, suivi annuel, actions dédiées trans.
2025 – HAS (adultes). Publication d’un argumentaire/recommandations sur la prise en charge des personnes trans adultes.
Identité de genre : vécu intime du genre (homme, femme, non binaire…) qui peut différer du sexe assigné à la naissance. À ne pas confondre avec l’orientation sexuelle.
Respect au quotidien : employer le prénom et les pronoms demandés ; éviter le deadnaming ; ne pas « outer » (révéler la transidentité sans consentement).
Droits en bref : protection pénale contre la discrimination (art. 225‑1) ; changement de prénom en mairie (C. civ. art. 60) ; changement de mention de sexe via le tribunal judiciaire (C. civ. art. 61‑5 s.).
Indice ILGA‑Europe (Rainbow Map) : la France obtient 62,31 % en 2024 (catégories : égalité/non‑discrimination, haine & discours de haine, reconnaissance juridique du genre, famille, etc.). La France progresse mais la reconnaissance juridique du genre reste judiciaire (pas d’auto‑détermination).
Tendance Europe 2025. ILGA‑Europe souligne que seuls 12 pays permettent une reconnaissance juridique du genre basée sur l’auto‑détermination ; des reculs existent ailleurs (Hongrie, Géorgie…).
Spécialisées trans (France)
Acceptess‑T – Accompagnement social, santé, droits, focus sur les personnes trans les plus précarisées. Permanences, médiation santé, projet FAST.
OUTrans – Association féministe d’autosupport trans : groupes de parole, ressources, brochures « Hormones & parcours ».
Espace Santé Trans (Île‑de‑France) – Promotion de la santé trans, accompagnement par les pairs, réseau de soignant·e·s formé·e·s.
Fédération Trans et Intersexes (FTI) – Fédération nationale, observatoires, infos procédures (prénom, état civil).
Chrysalide (Lyon) – Autosupport, guides pratiques (« Réagir face à la transphobie », « Les proches », insertion pro).
Fransgenre – Aide en ligne, infos médico‑juridiques et administratives sur les transitions.
Grandes associations LGBTI+ (aide aux victimes, plaidoyer)
SOS homophobie – Écoute, accompagnement, actions juridiques, Observatoire des LGBTIphobies (inclut la transphobie).
Inter‑LGBT – Fédération et coordination d’associations, plaidoyer national.
Fédération LGBTI+ – Réseau national de centres et d’associations locales.
Ne laissez pas la discrimination passer : parlez‑en, signalez‑la et soutenez les associations qui agissent près de chez vous.
+33 (0)9 74 74 87 65
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