« Pas méchant… mais sexiste » : comprendre, ressentir, agir

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« Pas méchant… mais sexiste » : comprendre, ressentir, agir

La BD montre comment des “petites” remarques présentées comme des compliments créent, à la longue, un climat sexiste qui minimise la compétence, isole la personne visée et tord la répartition du travail. L’issue positive apparaît quand un témoin s’exprime publiquement : nommer le problème suffit souvent à ré-étalonner la norme d’équipe.

Ce qui se joue vraiment

Page 1 — Le ton est donné

Dès le titre, « Pas méchant… mais sexiste », puis les bulles (« T’es radieuse aujourd’hui ! », « Avec un sourire comme ça, tu devrais être à l’accueil ! »), on comprend le mécanisme : le focus se déplace du travail vers l’apparence, et la personne (Clara) est assignée à un rôle décoratif (“l’accueil”) au lieu de son métier. Ce n’est pas “méchant”, mais c’est dégradant, car cela requalifie sa valeur professionnelle.

Page 2 — La routine normalisée

« La plus jolie du bureau est arrivée ! » — ce rituel quotidien banalise la hiérarchie implicite : Clara = “jolie”, les autres = “collègues”. La remarque est “sympa”, mais elle réduit. Et la phrase « La journée ne fait que commencer » annonce l’accumulation à venir.

Page 3 — Le déni de compétence

Pendant une présentation chiffrée (+15 % de ventes), on félicite ses talons plutôt que son résultat. Le sexisme prend ici la forme d’un déplacement de crédit (on parle de ses chaussures, pas de son travail). Résultat : Clara s’auto-censure et son collègue tente d’“enchaîner” sans recadrer clairement.

Page 4 — Les “compliments” publics

À la machine à café : « Avec toi, les clients signent plus vite ! ». On insinue que la signature s’obtient par le charme, pas par les compétences commerciales. L’ami·e de Clara verbalise : « Ils croient vraiment te faire plaisir. » — c’est le cœur du sexisme “bienveillant”.

Page 5 — Les tâches genrées

On demande à Clara, déjà surchargée, de gérer des tâches de service (“les tasses ?”), typiques des “office housework” : travail invisible, non promouvable, plus souvent assigné aux femmes. Elle pense « Pas question de me laisser détourner » : l’effort mental de résistance épuise.

Page 6 — La goutte de trop

Nouvelle remarque sur son apparence : seuil de tolérance dépassé. Un collègue se lève — première bascule : le témoin devient acteur.

Page 7 — La réparation publique

Le collègue recadre : « Vous vous rendez compte que ce que vous dites à Clara est déplacé ? ». Objection classique en face : « C’est pour rire. » ; réponse claire : « Ce genre de “blague” n’a rien d’inoffensif. Ça finit par peser tous les jours. » Le message final — « Parfois, il suffit qu’une voix s’élève. » — donne la clé d’action : n’attendez pas d’être la victime pour parler

Pourquoi ce n’est pas “anodin” ?

Effet cumulatif

le “petit rien” isolé s’oublie ; répétée, la pique sape la confiance, réduit la prise de parole et fausse l’évaluation des performances.

Biais de carrière

compliments sur l’apparence + tâches de service = moins de visibilité, moins de crédit, moins de promotions.

Climat d’équipe

le rire des uns devient la règle tacite ; le silence des témoins ressemble à une validation.

Comment repérer ce sexisme “bienveillant”

Passer à l’action (modèles prêts à l’emploi)

Pour les témoins (collègues)

Pour les managers

Pour les RH / la direction

Encadré “atelier 15 minutes” (à faire en équipe)

Cette BD n’accuse pas des “méchants” : elle met en lumière un système où le rire, l’habitude et l’aveuglement nourrissent le sexisme. Agir, c’est simple : revenir au travail, partager le crédit, tourner les tâches invisibles et oser la phrase qui recadre. Comme le dit la dernière case : Parfois, il suffit qu’une voix s’élève